ECA International, spécialiste de la mobilité internationale, réalise son enquête « Tendances des salaires » chaque année dans plus de 50 pays. Dans un contexte économique difficile, ECA International a décidé de diffuser une deuxième vague de questionnaires afin d’évaluer l’impact de la crise sur les politiques salariales des entreprises depuis septembre 2008.
Menée auprès d’entreprises multinationales, l’enquête d’ECA International constitue pour les responsables des ressources humaines un véritable baromètre des différents niveaux de salaires pratiqués dans le monde.
Dans le monde, les hausses de salaire seront en moyenne de 4,7 % cette année, contre 6.2 % l’an passé, conséquence des politiques de réduction de coût mises en place dans une majorité d’entreprises.
« Alors qu’en 2008 l’inflation, la concurrence acharnée pour le recrutement des talents, et la croissance soutenue dans de nombreux pays avaient porté les hausses de salaire à un niveau élevé, le retournement économique que l’on subit depuis septembre dernier a obligé nombre d’entreprises à revoir leurs prévisions. On observe désormais des prévisions en baisse de 30% en moyenne » explique Frédéric Franchi, porte-parole d’ECA International.
« Néanmoins, pour continuer à attirer et à retenir les talents, les entreprises vont devoir trouver un juste équilibre entre les augmentations de salaires et les réductions de coûts. Il faut noter que si les augmentations annoncées sont moins importantes qu’en 2008, l’inflation a quant à elle beaucoup ralenti. La véritable hausse de salaire (différence entre l’augmentation du salaire et l’inflation) serait donc dans certains cas plutôt supérieure à celle de 2008 et ce malgré un niveau de salaire inférieur. » précise Frédéric Franchi.
En France
La France devrait connaître une augmentation des salaires en baisse par rapport à 2008. Avec une progression de 2 % contre 3,4 % l’année passée, l’Hexagone affiche la 5ème progression annuelle la plus faible en Europe, derrière la Lituanie, l’Irlande, la Suisse et la Suède. Cependant, grâce au recul de l’inflation, les salariés français peuvent s’estimer mieux lotis que l’an passé.
En Europe
La crise économique a des répercussions sur les augmentations de salaires. En effet, les entreprises qui opèrent sur le sol européen interrogées par ECA International annoncent des prévisions d’augmentation de 3,3 %, en recul de 43% par rapport aux prévisions établies en septembre 2008 et bien inférieures aux prévisions données l’année dernière (5 % à l’époque).
L’Europe de l’Est continue à combler le décalage avec l’autre partie du continent : alors que l’Europe de l’Ouest devrait connaître une augmentation brute moyenne des salaires de seulement 2 %, les augmentations demeurent élevées à l’Est + 5 %. La tendance au niveau mondial s’établit quant à elle à 4,7 %.
« L’Europe est très affectée par le retournement économique, explique Frédéric Franchi, porte-parole d’ECA International, assez logiquement, les effets de cette crise se reflètent dans les prévisions d’augmentation. Les entreprises slovaques sont les seules qui comptent maintenir les augmentations au niveau de l’an passé. A contrario, 29 % des entreprises opérant en Europe ne prévoient aucune augmentation de salaire.»
Les tendances chez nos voisins européens :
- En Allemagne, les entreprises tablent sur des augmentations de l’ordre de 2,5 % contre 3.5 % effectivement atteints en 2008.
- Au Royaume-Uni et en Espagne, les entreprises prévoient aussi 2,5 % d’augmentation alors qu’elles tablaient sur respectivement 4 % et 4,2 % en 2008)
- Enfin, en Italie, des prévisions légèrement supérieures à celles de l’hexagone à 2,1% contre 3,9% effectivement attribuées en 2008.
A l’Est, les salariés russes devraient bénéficier de 7,5 % d’augmentation, la plus forte progression de la région, suivis par leurs homologues roumains et lettons.
Dans le Monde
Ce sont les salariés vénézuéliens qui arrivent en tête du classement mondial avec des augmentations de salaires de l’ordre de 24 % (contre 22 % l’an passé), suivis des Argentins (12 %), des Indiens (10,8 %) et des Vietnamiens (10,6%).
- En Argentine et au Vénézuela, ces hausses conséquentes s’expliquent notamment par le niveau élevé de l’inflation, résultant des politiques économiques en vigueur.
- En dépit de la crise, c’est la pénurie persistante des talents qui vaut aux travailleurs indiens de bénéficier de la 3e plus haute augmentation (10,8 %).
Asie
En 2009, les augmentations dans la zone Asie Pacifique vont chuter de 40 % à + 4,8 % par rapport aux prévisions établies avant le début de la crise. Presque un tiers des entreprises opérant en Asie interrogées compte même geler les salaires.
« C’est en particulier le cas au Japon où les entreprises prévoyaient, il y a 6 mois, des augmentations de l’ordre de 2,8 %. Aujourd’hui près de la moitié d’entre elles entendent geler les salaires » précise Frédéric Franchi.
Cependant, certains pays tirent bien leur épingle du jeu : c’est le cas du Vietnam, de l’Inde et de l’Indonésie. Le Vietnam étant le seul pays de la région à afficher une progression par rapport à l’an passé.
« La demande de talents reste très forte en Inde, c’est la raison pour laquelle les hausses sont importantes malgré la situation économique. En Indonésie et au Vietnam, c’est le niveau élevé de l’inflation qui entretient ces hausses ».
Amériques
En Amérique du Nord, les prévisions d’augmentation ont globalement diminué de moitié : au Canada elles sont passées de 4 % à 1 % et aux Etats-Unis, de 4 % à 2,8 %.
A contrario, les entreprises interrogées en Amérique du Sud comptent poursuivre les politiques d’augmentation salariale, à un rythme aussi soutenu, voire plus soutenu qu’en 2008, c’est le cas au Brésil, au Chili et au Venezuela.
Alors que 40 % des entreprises interrogées opérant en Amérique du Nord entendent suspendre les augmentations, seules 7% des entreprises en Amérique du sud comptent faire de même.
Les plus fortes augmentations salariales
Venezuela | 1 | 1 |
Argentina | 2 | 3 |
India | 3 | 2 |
Vietnam | 4 | 6 |
Egypt | 5 | 6 |
Indonesia | 6 | 5 |
Russia | 7 | 4 |
Romania | 8 | 8 |
South Africa | 8 | 14 |
Latvia | 10 | 13 |
Philippines | 10 | 11 |
Colombia | 10 | 20 |
Chile | 13 | 24 |
Brazil | 14 | 18 |
Bulgaria | 15 | 10 |
China | 16 | 11 |
Turkey | 17 | 8 |
Malaysia | 17 | 21 |
Slovakia | 17 | 29 |
UAE | 20 | 15 |
Thailand | 21 | 18 |
Mexico | 21 | 25 |
Poland | 23 | 21 |
Korea Republic | 24 | 16 |
Saudi Arabia | 25 | 25 |
Hungary | 26 | 21 |
Greece | 26 | 25 |
Australia | 28 | 31 |
Belgium | 28 | 44 |
Israel | 28 | 36 |
Norway | 28 | 36 |
Denmark | 28 | 45 |
Netherlands | 28 | 45 |
Austria | 34 | 51 |
Portugal | 35 | 48 |
USA | 36 | 36 |
Finland | 37 | 42 |
Spain | 38 | 35 |
UK | 38 | 36 |
Germany | 38 | 48 |
New Zealand | 41 | 36 |
Italy | 42 | 42 |
Czech Republic | 43 | 29 |
Hong Kong | 43 | 31 |
Singapore | 43 | 25 |
France | 43 | 50 |
Taiwan | 47 | 31 |
Sweden | 47 | 47 |
Switzerland | 49 | 53 |
Canada | 50 | 36 |
Irish Republic | 51 | 31 |
Lithuania | 52 | 17 |
Japan | 53 | 52 |
Méthodologie
L’étude Tendances de salaires 2008/2009 a été initialement publiée en novembre 2008. ECA International a renouvelé en février 2009 l’envoi du questionnaire afin d’étudier les conséquences de la crise économique sur les prévisions des entreprises. Le rapport mis à jour est maintenant disponible.
L’enquête étudie les prévisions de hausses de salaire pour les employés « nationaux » et les révisions de rémunération envisagées pour l’année à venir. Ces données ont été collectées auprès de 230 multinationales dans 53 pays ; 120 entreprises ayant répondu à la 2e vague du questionnaire.
Les entreprises interrogées évoluent dans des secteurs variés parmi lesquels l’industrie, les technologies, la banque, la distribution et les média. Le classement des pays varie en fonction des augmentations et des diminutions de salaire, mais aussi en fonction de la position relative des autres pays.
A propos d’ECA International
Spécialiste de la gestion de l’expatriation dans le monde entier, ECA propose aux entreprises des données, des études, des logiciels et un support sur mesure.
Les entreprises possédant peu d’expérience ou trop peu de ressources en interne pour gérer les missions de leurs expatriés, peuvent confier à ECA le calcul des primes et packages et bénéficier de conseil et de services. Les responsables des ressources humaines internationales des grandes entreprises trouvent des informations complètes et des logiciels de calcul sur le site Internet ; enfin les équipes d’ECA rédigent des politiques sur mesure pour les grandes entreprises qui gèrent des milliers d’expatriés dans le monde entier.